Avant-propos

Selon la tradition indienne l’apprentissage d’un art, en particulier de la danse, se transmet oralement de maître à disciple grâce un rapport étroit et continu comparable à celui entre un parent et son enfant. Cette tradition appelée Gurukula – habiter chez le maître, faire partie de la famille du maître – est de nos jours de moins en moins pratiquée. Depuis plusieurs décennies, des écoles et des académies de danse et musique se sont créées un peu partout en Inde, principalement dans les grandes agglomérations. Néanmoins, les paramètres qui déterminent l’enseignement traditionnel sont restés inchangés, ils prennent racine dans tout ce qui a structuré au fil des siècles la culture indienne: l’environnement, la vie paysanne et domestique, les conquêtes, la religion.Bharata Nâtyam

Les huit styles classiques

Huit styles constituent la danse classique indienne : le Bharata Nâtyam, le Mohini Attam, le Kathakali et le Kuchipudi au sud du pays; l’Odissi au centre; le Kathak, le Manipuri et le Chhau au nord. Chaque style est composé de danses de technique pure (nrita) et de danses expressives (natya) à travers lesquelles sont relatés les épisodes des grandes épopées et de la mythologie, ainsi que les hymnes et poèmes dévotionnels. Tous les styles ont leur caractère propre, mais tous sans exception se basent sur les règles techniques et esthétiques établies par les anciens traités sur la danse et l’art théâtral. Dans les danses expressives, le danseur qui est aussi acteur utilisera l’abhinaya, le langage codifié des mains et les expressions du visage pour “raconter” les textes chantés par le musiciens.

Le Bharata Nâtyam

Autrefois exécuté par les danseuses assignées aux temples, le Bharata Nâtyam, appelé anciennement “Dasiyattam”, maintient cette tradition depuis plus de 2000 ans. Le terme Bharata Nâtyam date de la fin du XVIIIe siècle et englobe plusieurs aspects d’une même danse répandue dans toute l’Inde du Sud. Tout comme le ballet ou la danse contemporaine occidental, ce style a aussi ses différentes écoles. La plus fameuse et la plus difficile est celle de “Pandannallur”. Une grande variété de mouvements, de rythmes, ainsi que des poses sculpturales la caractérisent, tout comme l’importance accordée à une exécution vigoureuse et ample des mouvements, au sens infaillible du rythme et à l’arrêt parfait des lignes. Cette technique est intégrée aussi dans les danses expressives.